Si les personnes sans papiers ne sont pas régularisées, c’est toute la société qui se prive de leurs compétences

Communiqué de presse – 18 décembre 2020

À l’occasion de la “Journée internationale des migrant·e·s”, les associations, groupes et collectifs réunis au sein de la “Plateforme sans papiers” ont réalisé une vidéo, que vous trouverez via le lien ci-dessous. Ce clip illustre la précarité dans laquelle ces personnes vivent, malgré les compétences professionnelles dont elles disposent et dont toute la société est privée, par le refus des autorités de les régulariser.

Comme celles qui témoignent dans la capsule vidéo, de nombreuses personnes étrangères vivent ici depuis de longues années dans une grande précarité, situation qui est contraire à l’État de droit et dont on ne peut détourner les yeux. Leur (non) statut administratif de “sans papiers” occulte des situations qui sont la conséquence de l’absence d’une politique migratoire réelle et adéquate, et d’une législation parfois contradictoire.

Elles sont diplômées et/ou expérimentées dans des secteurs parfois en pénurie. Même lorsqu’un employeur en Belgique désire les engager rapidement, un permis de travail leur est refusé, parce qu’elles sont “sans papiers”. La loi leur impose, en dépit du bon sens, de retourner dans leur pays d’origine pour y solliciter le permis, sans aucune garantie de l’obtenir… Elles sont donc, pour survivre, contraintes au travail au noir et soumises à toutes formes d’exploitation, ce qui aggrave les phénomènes de précarisation du marché du travail et, plus largement, de la société dans son ensemble.

En outre, de nombreuses personnes sans papiers, originaires de pays en guerre, mais n’ayant pas obtenu l’asile en Belgique, ne peuvent rentrer dans leur pays d’origine sous peine d’y subir des traitements inhumains et dégradants.

D’autres sont confrontées à l’irrégularité de leur séjour, alors qu’elles travaillent, parfois depuis des années, que leurs enfants sont scolarisés et que tous leurs liens économiques, sociaux et affectifs sont en Belgique. Rompre ces attaches durables pour leur enjoindre de retourner dans un pays d’origine, parfois plus ou peu connu, méprise ces liens indéfectibles.

D’autres encore sont gravement malades. Les soins médicaux que leur état impose ne sont parfois pas disponibles ou accessibles dans leur pays d’origine, de sorte qu’elles ne peuvent y retourner. A défaut d’avoir pu produire un document d’identité comme l’exige la loi belge, leur situation médicale n’a pas été examinée et elles restent en situation irrégulière, malgré leur impossibilité médicale de quitter la Belgique.

Les conditions de délivrance des titres de séjour doivent être objectivées. Nous ne pouvons accepter que ces personnes vivent à nos côtés, avec nous, sans droit et dans une précarité indécente. 

Ils et elles ont une formation, une expérience professionnelle.

Ils et elles veulent travailler et sont immédiatement disponibles.

Pourtant, ils et elles ne peuvent pas travailler…

S’ils et si elles ne sont pas régularisé·e·s, c’est toute la société qui se prive de leurs compétences.

Peut-on se le permettre?

Communique presse et signataires

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